Historique

les images référenciées

CHAUFFE-LIT ou CHAUFALYCT : locution méridionale. C’est ce qu’on appelle, dans le Nord, une bassinoire .
«Ung chauffelict d’arain.» (Invent. du château d’Angers, 1741.)
«Ung chauffelyct de cuyvre» (Invent ; de Sire comte, marchand ;Lyon, 1545 )
«plus un chauffe-lit d’arain, avecq sa queue de fer tel quel.» (invent. De Marguerite des Bordes ; Bordeaux, 1589.)
«Un chauffe-lit de fer, bon.» (Invent. Des biens meubles trouvés en la maison de George Dumenoir ; Marseille 1583.)
«Un chaufelict avec son manche fer.» (Invent ; de Dame Benate.Gillet ; Villefranche, 1654.)
«Deux bassinoires ou chauffelit.» (Invent du sieur Chamboux, drapier ; Villefranche., 1667.)
au XVème et au XVIème siècle, on écrit parfois ESCAUFFE-LIT dans le dialecte toulousain, chaufalyct ; Exemples :
«ung chaufalyct.» (Invent. De Me Turpin, docteur en médecine ; Pamiers, 1562.)
«ung chauffalyct de cuivre.» (Invent.Massicot-Gautier, maître maçon ; Toulouse, 1578.)

Source : Havard (H.).Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le XIIIème siècle jusqu’à nos jours.
Paris, maison Quantin, 1887-1890. 4 vol. tome 1 p.785


ESCHAUFFELIT ou ECHAUFFE-LIT : L’eschauffelit, usité seulement dans les provinces méridionales remplace la bassinoire du Nord.
«Ung eschauffelict cuyvre.» (Invent.d’Arnaud de Maynieu, écuyer ; Toulouse, 1617.)

ESCAU-LEYT : Locution gasconne. Echauffe-lit bassinoire.
« Ung escau-leyt .» (Invent.de Jehan………….Bordeaux, 1590.)

Source : Havard (H.).Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le XIIIème siècle jusqu’à nos jours.
Paris, maison Quantin, 1887-1890. 4 vol. tome 2 p.539

LA BASSINOIRE ou RECHAUFFOIR DE LIT est une chaufferette circulaire basse, en métal (cuivre, laiton, étain, fer) ou en céramique, à fond plat, munie d’un long manche en bois sur le côté, que l’on glisse dans le lit pour le réchauffer. La bassinoire en céramique comporte un couvercle indépendant ou un gros rebord arrondi. La bassinoire en métal peut comporter un couvercle à charnière généralement ajouré.
La bassinoire, contemporaine du moine, apparaît au XVème siècle ( V.GAY, Glossaire…..,t.1, p.648). On en connaît en argent par de nombreux textes depuis le Moyen-Âge. On peut aussi noter celle du nécessaire de Marie-Antoinette conservée au Musée du Louvre (catalogue de l’orfèvrerie…..,pl.IV, n° 150)

Source : Objets civils domestiques, par Catherine Arminjon et Nicole Blondel (éd. Imprimerie Nationale , 198 ) p.482

Un modèle de bassinoire, employé en Provence, ne comporte pas de couvercle : deux fers sont rivés en croix sur les parois façonnés en U inversés, du récipient ; cette armature empêche les draps de toucher la braise .

Source : Lecoq ( R ). Les objets de la vie domestique. Ustensile en fer de la cuisine et du foyer des origines au XIXème siècle. Paris, Berger-Levrault, 1979 p.105

BASSINOIRE ou BASSINOELLE : Ce meuble utile, que le Dictionnaire de Trévoux définit : «Ustensile fait de cuivre ou d’argent, qui sert à chauffer le lit», est fort ancien dans notre mobilier, et dans un temps où le chauffage des appartements était encore dans son enfance, il constituait un meuble en quelque sorte indispensable et appelé à rendre à nos ancêtres d’inappréciables services. A quelle époque faut-il faire remonter l’origine de la bassinoire ? Il serait assez difficile de le dire exactement ; mais, au XVème siècle, elle avait déjà pris sa place dans tous les mobiliers d’importance. Nous savons, en effet, par les comptes de l’hôtel des rois de France, que Louis XI possédait une «bassinoelle pour bassiner le lit», acquise de Loys Boutard, «poeslier», pour la somme de 30 sols tournois (1481). Le roi René, quoique habitant l’hiver des climats plus doux, avait aussi recours à ce précieux ustensile, et quand, en 1471, on dressa l’Inventaire du château d’Angers, on trouva une bassinoire «d’airain» dans les basses armoires de sa garde-robe ; dès la fin du XVè siècle, au reste, la bassinoire était si répandue qu’on la voit intervenir dans une foule de récits et, au XVIème ,elle inspire les muses. Pierre Delarivey, le poète champenois, dans les énigmes graveleuses dont il a enrichi sa traduction des Nuits de Straparole, lui consacre un sonnet (voir édit. Jouaust, t.III, p.87), et quoique ce sonnet soit de médiocre qualité et de goût douteux, encore nous faut-il le rapporter ici, parce qu’il nous donne une description de la bassinoire de ce temps, qui ressemblait déjà singulièrement à celle de nos jours :
-Je suis gros, bien poly et de bonne rondeur ;
-J’ay des yeux assez grands , et si je ne vois goutte,
-Toujours la gayeté me suit où je me boutte
-Et les dames souvent désirent ma faveur.
-Quand je suis plus gaillard et bouillant de chaleur,
-Et qu’à mon premier feu nouveau feu on adjouste,
-Entre deux choses blancz dans une noire voulte,
-On me met à tous coups pour dompter ma fureur.
-Là, par le prompt effort de ma puissance royde,
-Tous les plus morfondus et de nature froyde,
-J’eschauffe tellement qu’enfin j’en refroidy
-Aussi, de çà de là , si souvent on m’agite,
-Que d’ardant que j’estois ,j’en reste moins hardy,
-Tant ma puissance adonc devient foible et petite.
Le XVIè siècle, qui avait chanté la bassinoire en vers alexandrins, devait, dans la réalité mobilière se montrer également prodigue pour elle. C’est à cette époque, en effet, que nous voyons apparaître les premiers échantillons de bassinoires en métal précieux. Un Mandement de Charles Quint, daté de 1532, décrit «ung bassin à réchauffer le lict» en or. Le trésorier de France, Babou de la Bourdaisière fut un des premiers en France à posséder une bassinoire d’argent. Dans l’ Inventaire de Catherine de Médicis (1589), nous relevons : «d’argent tout blanc». A la cour de Louis XIII, ses pareilles abondèrent certainement ; quant à celle dont les valets de chambre de Louis XIV faisaient usage pour réchauffer le lit du Grand Roi, elle était, nous dit un inventaire, « percée à jours de plusieurs fleurs de lis et les armes du Roy au milieu». Ce même document nous apprend que le roi en possédait neuf autres, également d’argent , pesant toutes ensemble plus de 81 marcs. Ajoutons que, du temps de ce fastueux prince, les artistes eux-mêmes se servaient de bassinoires d’argent. On en rencontre une, en effet, dans l ‘Inventaire de Le Nôtre. Mignard, toutefois, moins bien partagé, faisait chauffer son lit avec une modeste bassinoire de cuivre prisée cent dix sous. Molière possédait «deux bassinoires de cuivre rouge prisées VI livres», et les trois bassinoires qu’on trouva après sa mort chez Claudine Bouzonnet-Stella étaient également toutes trois de cuivre rouge. Il est vrai qu’à ce moment (1697), les jours sombres étaient venus et que toute la vaisselle d’argent avait dû être envoyée à la monnaie.
Le XVIIIème siècle est, au surplus, le siècle par excellence de la bassinoire. L’amour du confortable, qui commence à se généraliser, la fait apparaître partout. Il n’est presque pas d’inventaires, même dans l ’ extrême Midi, où elle ne se manifeste. La rondeur de ses formes, l ’ ampleur de ses contours, la beauté de ses découpures, composant de riches dessins, nous sont connues, car les échantillons parvenus jusqu’à nous sont non seulement nombreux, mais encore pour la plupart très décoratifs. La belle bassinoire du musée de Cluny (n°6274) ; avec son couvercle repoussé et repercé à jour et son manche de corne, suffirait à défaut d’autre, à nous édifier sur les qualités, plastiques des ustensiles de ce temps.

Et cependant ces utiles objets, dont la possession est pour nos collectionneurs un sujet d’orgueil, ne satisfaisaient pas absolument nos douillets ancêtres. En 1770, le sieur Granchez importa chez nous la bassinoire anglaise. «Cette bassinoire, écrivait-il au Mercure Galant, reçoit la chaleur de l’eau chaude qu’elle contient ; elle est fermée hermétiquement et n’est, par conséquent, point sujette à laisser dans le lit aucune impression de moiteur. Sa chaleur se conserve plus longtemps et peut ainsi servir pour plusieurs lits.» (Voir le Mercure de février 1770 .)Avantages de toutes sortes et par-dessus le marché économie, qui voit que le sieur Granchez s’entendait à faire de la réclame. Sa bassinoire anglaise toutefois se vendait 24 livres, «y compris le chevalet l'entonnoir et le manche». C’était encore cher mais ce nouveau système, inventé en Angleterre, où la braise et le charbon de bois faisaient défaut, prévenait les incendies ; c’est ce qui le fit préférer ; et voilà comment la BOULE prit chez nous la place de la bassinoire. Nous avons dit toute à l ’ heure que ces sortes de meubles abondaient dans les inventaires méridionaux ; ajoutons qu’ils y sont également mentionnés sous le nom de CHAUFFE-LIT, ESCHAUFFELIT, ou ESCAUFELIT ; et citons quelques exemples. La bassinoire du roi René, à laquelle nous avons fait allusion plus haut, est qualifiée : «Ung chauffelit d ’ arain». Dans l ‘ Inventaire des biens de Jean Lauze, négociant à Avignon (1588), nous lisons : «Plus un escaufelict louton (laiton) peu de valeur.» Dans l ‘ Inventaire du sieur Chamboux, drapier à Villefranche (1667) nous relevons «deux bassinoires ou chauffelit [ d ‘ ] ayrain rouge .» et dans l ‘ Inventaire de Nicolas Lallemagne, docteur en médecine, à Bollène (1668) : «Un bassinoir sive eschauffelit médiocrement bon.» cette dernière citation nous amène à remarquer que, dans le Bordelais et la Gascogne, bassinoire fut longtemps écrite sans l ‘ E final et gratifié du genre masculin : «Ung bassinoir petit, cuivre, deux autres bassinoirs grands.» (Invent. De Jacques Mover ; Toulouse, 1635) «Un grand Bassinoir.» ( Invent. de Marguerite de Pessoles ; Toulouse, 1642.)
«Plus un bassinoir de cuivre rouge.» (Invent. de Henri de Béthune Archevêque de Bordeaux, 1690.)

Source : Havard (H.).Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le XIIIe siècle jusqu’à nos jours.
Paris, maison Quantin, 1887-1890. 4 vol. tome 1 p.271

LE MOINE : Sorte de carcasse en bois qui soutient un réchaud, et qu’on place, entre les draps, pour réchauffer et assainir les lits en hiver. Les moines étaient vraisemblablement connus au XVIème siècle, et quelques auteurs ont cru voir, au chapitre XLV de Gargantua, des allusions à ce genre d’ustensiles, dans les jeux de mots que Grandgousier, «lequel en son lict prioyt Dieu», se permet sur les moines. Cependant, c’est seulement au XVIIème siècle que, nous avons trouvé la mention de moines dans certains inventaires parisiens. On peut citer comme exemple :
«un moine garny de son chaudronnet, prisés ensemble 30 sols.» (Invent. de Marguerite Oudet, veuve de Pierre Garnier, pelletier du Roy ; Paris, 1657)
«deux moines à chauffer le lit.» (Cession consentie par Melle Desmares à Melle Damours ; Saint Germain, 1746.) Etc... Ajoutons qu’on ne s’en servait pas seulement à la ville, mais encore à la cour ; témoin de l’aventure drolatique que rapporte Saint-Simon, comme étant arrivée à la princesse de Furstemberg : «Un soir, écrit-il (Mém., t. X ;p. 67 ), que Mdme de Foix s’étoit amusée fort tard à jouer chez M. Le Grand, elle trouva la princesse de Furstemberg couchée qui, d’une voix lamentable, lui dit qu’elle se mouroit et que c’étoit tout de bon. Mme de Foix s’approche, lui demande ce qu’elle a ; l’autre dit qu’elle ne sait, mais que, depuis deux heures qu’elle est au lit, les artères lui battent, la tête lui fend et qu’elle a une sueur à tout percer, qu’enfin elle se trouve très mal et que le cœur lui manque . Voilà Mdme de
Foix bien en peine et qui, de plus, n’ayant pas d’autre lit, va par l’autre ruelle, pour se coucher au petit bord ; en se fourrant doucement pour ne pas incommoder son amie, elle heurte contre du bois fort chaud ; elle s’écrie, une femme de chambre accourt avec une bougie ; elles trouvent un moine dont on avoit chauffé le lit, que la Furstemberg n ’ avoit point senti et qui, par sa chaleur, l’avoit mise dans l’état où elle étoit. Mme de Foix se moqua bien d’elle, et toute la Cour le lendemain .»
Les moines, qu’on logeait dans d’aussi nobles lits, devaient, cela se comprend, être soignés comme façon et d’un aspect agréable .
De nos jours, les moines ne sont plus guère en usage.
Ils ont été remplacés par la bassinoire et par la boule quoique les amateurs (voir Larousse, t. XI, p.381) affirment que le moine est plus sain.

Source : Havard (H.).Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le XIIIème siècle jusqu’à nos jours.
Paris, maison Quantin, 1887-1890. 4 vol. tome 3 p.939

BOUILLOTTE CHAUFFE-LIT : C’étaient des récipients remplis d’eau chaude. Elles furent réalisées en céramique, cuivre, laiton et étain.
Elles adoptèrent une forme cylindrique ou ovoïde, et étaient dotées d’un goulot de remplissage et souvent d’un anneau de préhension quand le récipient était métallique. L’emploi des bouillottes en étain se généralise au XIXème siècle, ce métal étant moins conducteur de la chaleur que les autres.

Source : Lecoq ( R ). Les objets de la vie domestique. Ustensile en fer de la cuisine et du foyer des origines au XIXème siècle. Paris, Berger-Levrault, 1979 p.105

 

 

retour à l'historique